On parle d’eux

Un article de la dépêche paru le 31/03/2020 http://www.ladepeche.fr

Les brasseurs en difficulté

Les treize brasseurs du Gers connaissent une passe difficile : bars et restaurants ont fermé, les festivals et événements privés sont annulés… Ils se retrouvent privés d’une grande partie de leurs revenus. Mais selon leur modèle économique et la situation de leur trésorerie, ils souffrent plus ou moins. Tour d’horizon avec cinq d’entre eux.

Tristan Launay, qui a ouvert la brasserie d’Augusta à Auch est l’un des plus touchés. Le jeune homme fonctionne « à 80 % » par de la vente directe dans son « brew pub », à savoir le bar qu’il a créé sur son lieu de production, route d’Agen. 60 % de ces 80 % de vente directe proviennent directement des verres consommés au bar. « Cela va faire une grosse perte alors que tout allait pour le mieux que la saison s’annonçait hyperflorissante », confirme-t-il. A cette première perte, s’ajoutent les annulations de ventes de fûts. « Jusqu’à juin, j’avais des réservations pour tous les week-ends », poursuit-il. En attendant, il continue la vente à emporter et ses livraisons dans quelques magasins. « Certains magasins soutiennent les producteurs en faisant des stocks », note-t-il.

Autre nouveau venu sur le marché de la bière dans le Gers, Laurent Bordes, installé à Montaut-les-Créneaux avec la brasserie MousseQuetaire. En quinze jours, il dénombre 50 % de commandes en moins, lié à la fermeture des bars et restaurants. Il s’est lancé dans les livraisons aux particuliers et en effectue une à deux par jour. « Mais cela ne va pas me sauver », nuance-t-il.

L’Excuse de Mauvezin traverse, elle aussi, une passe difficile. « On va avoir des problèmes de trésorerie si on n’a pas ces six mois qui rentrent, surtout avec deux salariés et une logique d’investissement », confie Romain Biscan, le fondateur. Il poursuit : « On a aussi peur des faillites en cascade de bars et restaurants… S’ils font défaut, nous aussi. » Ces clients représentent 30 à 40 % de son chiffre. Lui aussi comptait sur les commandes des festivals et fêtes communales. Il ajoute : « Même la grande et moyenne distribution ne travaillent pas ! Sans compter que les distributeurs aussi travaillent avec les bars et restaurants. »

Du côté de Gimont, Alexis Champoiseau de Jean Brasse estime qu’il est « compliqué » pour l’instant de chiffrer la perte. Notamment car il n’a pas encore effectué sa tournée à Toulouse, qu’il réalise tous les quinze jours. Mais il anticipe une « baisse de volume » pour cet été, tout en précisant : « contrairement à d’autres, nous n’avons pas de stratégie tournée vers les bars. C’est peut-être ce qui va nous sauver. » La vente aux particuliers a tout de même chuté, de trois à cinq visites quotidiennes à… deux en quinze jours. Il ajoute : « Si tous les festivals sont annulés, on perdrait un cinquième de nos revenus. » Il compte toutefois sur la solidarité des commerçants gimontois, qui organisent des livraisons et sur sa « bonne trésorerie » .

La brasserie du Vaillant-Fourquet de Miradoux est un peu plus préservée du fait qu’elle vend principalement à la grande distribution. Mais Yann Roumégoux précise : « C’est très calme et il ne faut pas que cela dure sinon ce sera très compliqué ». Lui aussi vend aux festivals et subit une perte de ce fait. Gaëtane Rohr

. https://www.ladepeche.fr/2020/03/31/les-brasseurs-en-difficulte,8825727.php

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